L’esprit critique : la compétence incontournable pour collaborer avec l’IA en 2026

Publié le 08/01/2026

L’intelligence artificielle (IA) s’impose dans nos organisations comme une révolution technologique majeure : 75 % des Français la perçoivent ainsi, selon le Baromètre de l’esprit critique 2024. L’IA va entièrement transformer notre rapport aux usages et au monde, nous devons nous poser la question de notre maîtrise, et donc de maintenir notre supériorité pour ne pas “inverser” le sens de l’histoire et préparer un monde certes plus rapide, plus riche en informations, mais qui porte en lui les germes de sa chute.

L'IA, c’est avant tout une technologie couplée à des statistiques et des probabilités à très grandes échelles, certes. Ce qui “sort” de l’algorithme, est statistiquement probable, point. La décision nous appartient. Mais évidemment, elle semble plus riche puisque l’IA nous l’a modelée, préparée. 

Mais cette décision nous appartient, car elle a été prémâchée sur une énorme base de données qui reprendre l’existant. Le travail, au quotidien, ce sont des arbitrages permanents, entre ce qui est imaginé (prescrit) et ce que nous devons réellement faire. 

Derrière la fascination pour ses capacités, un risque persiste donc : celui de la confiance aveugle et de la post-réalité ou post-vérité.

Face à des outils capables de générer des contenus plausibles mais parfois erronés, l’esprit critique devient la soft-skill stratégique pour 2026. Ne pas s’opposer d’office à l’IA, mais comment mieux collaborer avec elle. 

Pourquoi l’esprit critique est-il vital à l’ère de l’IA ?  

L’IA, c’est de la statistique probable, donc construite naturellement sur des biais :  

  • Biais d’automatisation : nous survalorisons les recommandations d’une machine perçue comme « objective ». 
  • Biais de confirmation : nous validons sans vérifier quand l’IA confirme nos intuitions. 
  • Effet d’ancrage : une première impression positive nous rend moins vigilants par la suite.  

Qu’est-ce donc que l’esprit critique pour lutter contre les biais ?  

Selon le Larousse, il s’agit « d’un esprit de libre examen qui n’accepte aucune affirmation sans s’interroger sur sa valeur ». 

Concrètement, au travail, cela suppose : 

  • Analyser avant d’agir : ne pas prendre pour argent comptant ce que propose l’IA. 
  • Poser les bonnes questions : ouvertes, basées sur des preuves, et non sur des rumeurs. 
  • Proposer des alternatives avec diplomatie : challenger sans froisser, dans une logique collective.  

Comment développer l’esprit critique face à l’IA ?

  1. Former à la vigilance numérique : apprendre à bien utiliser ces outils et à repérer les « red flags » dans les réponses générées par IA. 
  2. Croiser les sources : ne jamais se limiter à une seule sortie d’algorithme et ne pas utiliser que l’IA en source. 
  3. Se renseigner auprès d’experts du sujet : aller voir quelqu’un et lui demander son avis sur les résultats sortis, pour avoir une lecture experte, inédite, unique et les angles morts de la situation.
  4. Encourager la culture du débat : 82 % des Français peuvent changer d’opinion sur la base de raisons convaincantes – un atout à renforcer en entreprise. 
  5. Intégrer des pratiques de transparence : privilégier des outils IA qui expliquent leurs sources et leurs limites. 

L’IA n’est pas un risque en soi, le risque c’est l’importance que nous lui donnons, ce que nous lui déléguons de nos décisions et notre singularité ! 

En 2026, l’IA sera omniprésente. Mais elle ne remplacera jamais la capacité humaine à questionner, nuancer et décider. L’esprit critique est la clé pour transformer l’IA en alliée plutôt qu’en menace. Les entreprises qui investiront dans cette compétence gagneront en agilité, en fiabilité et en confiance.  

Si demain, comme le prédisent les grandes entreprises de la tech, nous n’aurons plus besoin de travailleurs, qui va consommer ? Qui va payer des impôts ? Et d’où viendront les profits dont a besoin la tech pour vivre et se développer ? Appellera-t-on les “états” à la rescousse ? Ironie de l’histoire, quand on sait que le mot statistique vient de l’allemand “stat” qui veut dire science de l’Etat ! Voilà une belle façon de prendre de la hauteur et de garder son esprit critique, ne trouvez-vous pas ?   

Sources : 

  • Les Échos – Au fait, c’est quoi l’esprit critique ? 
  • LinkedIn Pulse – L’esprit critique, la soft skill stratégique 
  • Baromètre de l’esprit critique 2024 – Universcience 
  • La politique des grands nombres – Alain Desrosières   
Pierre Egido
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Pierre Egido

Dirigeant de Kronos depuis 2012.
20 ans de conseil et formation en management.
Formation universitaire en Ingénierie de Formation et Stratégie et Management des Organisations.

Certification :
- Coach professionnel (RNCP)

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